Juin 1940. La France est vaincue. En Indochine, on veut continuer la lutte aux côtés des Anglais, mais Londres n’a pas les moyens de soutenir un effort de guerre en Asie. De plus, l’armistice vient remettre en cause l’alliance franco-britannique. Les États-Unis sont neutres, voire hostiles à la présence coloniale française. La Guerre du Pacifique ne commencera qu’en décembre 1941. Les Français d’Indochine sont donc complètement isolés. Ils doivent impérativement négocier avec le Japon dont la supériorité militaire est écrasante. On assiste alors à un revirement de l’opinion publique coloniale qui devient très majoritairement favorable à un statu quo avec l’Empire du Soleil Levant.
Une poignée d’hommes et de femmes ne s’y résignent pourtant pas. S’appuyant sur d’autres ralliés au général de Gaulle dans divers pays de la zone Asie-Pacifique, ils vont entrer en résistance. À de rares exceptions près, l’historiographie a oublié beaucoup de ceux qui, à l’autre bout du monde, ont répondu à l’appel du 18 juin. Sans prétendre dresser une liste exhaustive, cet ouvrage brosse quelques portraits de personnages souvent dignes de romans d’aventures.
Au bilan toutefois, une « libération » de l’Indochine complètement ratée en 1945, suivie de trente années de guerres dites « d’Indochine » puis « du Vietnam ». Tant de courage déployé et de sacrifices consentis pour en arriver là, le rendez-vous des gaullistes avec l’Indochine fut véritablement un rendez-vous manqué.
Juriste de formation, Paul Rignac s’est mis au service d’associations humanitaires travaillant dans les pays de l’ancienne Indochine. Ses voyages en Asie du Sud-Est et ses nombreuses interviews d’anciens combattants ou de témoins enrichissent une approche anticonformiste de l’Histoire qu’il a déjà exprimée dans « Indochine, les mensonges de l’anticolonialisme » et
« La guerre d’Indochine en questions » ainsi que dans de nombreux articles de presse. Paul Rignac signe ici son sixième ouvrage.